Préface

Auteur:Eric De Keuleneer
Occupation de l'auteur:Président de la Fondation des administrateurs Président du comité de direction de l'OCCH
Pages:25-26
 
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Les caractéristiques essentielles de la société anonyme ont des origines multiples.

La société appelée «anonyme» en français trouve l'explication de son nom et de certaines de ses nuances dans la forme de société créée au 17-18èmesiècle en France pour permettre à la noblesse d'investir dans des activités commerciales sans «déroger», c'est-à-dire sans perdre leur statut fiscal très avantageux.

La société par actions permet aux apporteurs de capitaux de limiter leur risque à la mise de fonds qu'ils acceptent de faire au capital social. Cette caractéristique est d'ailleurs rappelée dans le nom de «limited company» ou «public limited company - PLC» qui définit la société par actions en Angleterre. Cette limitation de risque n'est pas toujours totale, certains risques moraux ou légaux devant être assumés par des actionnaires dans certains cas. Ce principe de limitation, initié dès les associations marchandes du Moyen Age, a contribué puissamment à la capacité de cette forme de société à lever des capitaux.

Le terme société implique la multitude et l'association. Le principe de gestion que cela implique est celui du fonctionnement en association ou en collège, avec ce qu'il apporte en matière de débat, de confrontation de points de vue, de mobilisation autour d'une décision ayant fait l'objet d'une bonne délibération.

Grâce à tout cela, la société anonyme apporte un instrument très utile au bon fonctionnement de l'entreprise sous une forme qui combine l'ouverture, la capacité d'évolution, et également la capacité de l'entreprise de survivre à ceux qui l'ont créée.

Le conseil d'administration est responsable de la gestion. Un actionnaire peut, bien sûr, être administrateur, mais ce sera en cette qualité et au sein du conseil qu'il pourra intervenir dans la gestion.

Ceci est la conséquence de ce que les actionnaires ont choisi de prendre leur distance, de ne plus avoir tous les droits ni toute la responsabilité d'un propriétaire. Le conseil d'administration doit définir et apprécier des objectifs d'intérêt collectif, que cet intérêt soit celui des actionnaires, dans le modèle dit de «shareholder value» ou celui de tous les intervenants, Page 26 dans celui dit de «stakeholder value» (dans une optique à long terme, ces modèles deviennent d'ailleurs très similaires). Cette notion d'intérêt collectif rend la tâche du conseil très délicate et importante, les autres mécanismes d'économie de marchés étant plutôt basés sur des motivations...

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